6 mars 2017

Interview Willy Patsouris, Directeur de l’Union Régionale des Scop de l’Ouest

« Cession d’entreprise : l’option transmission aux salariés sous forme de SCOP »

Quel est le rôle d’une Union régionale des Scop ?

L’Union régionale des Scop propose des services d’accompagnement et de conseil pour les coopératives, sur le champ des montages financiers, sur le plan juridique, économique, fiscal, mais aussi au niveau des ressources humaines, du management, de la formation et de la vie coopérative… Nous accompagnons la création de nouvelles structures ou des reprises transmissions. Les Scop issues d’entreprises en difficultés représentent à peine 18% de notre activité. Notre volonté est de construire des entreprises durables, créer de l’emploi sur les territoires, et nos priorités ciblent la reprise transmission et la transformation d’associations. Nous faisons preuve d’une vraie diligence sur le modèle économique, la gouvernance et l’ensemble des champs du management en entreprise, pour assurer la durabilité du système. « L’apport du #Numérique et des objets connectés est hautement stratégique pour le secteur #Agroalimentaire »

 

Comment se gère une société coopérative ?

Nous sommes dans un processus fonctionnant avec une assemblée générale qui nomme son gérant, son président ou son pdg, en fonction du modèle. Diriger, c’est émerger du collectif pour être au service des autres. Nous faisons bien la différence entre le rôle de salarié et d’associé (d’où l’importance des formations que nous mettons en place). L’associé a un capital dans la structure et s’exprime dans l’assemblée générale. Quelle que soit la structure (activité associative, économique, etc) la gouvernance entre les mains du salarié prend tout naturellement son sens dans l’usage du modèle Scop. En fait une société coopérative se gère comme une entreprise classique mais avec des décisions stratégiques prises de façon collaborative. Au sein de son organisation, un dirigeant n’est pas là pour faire fructifier son bien propre mais le bien collectif. Autre point important, le système de répartition équitable de la richesse produite : la rémunération des salariés (associés ou non) s’effectue sous forme d’intéressement ou de participation, la part de « l’entreprise » étant une réserve impartageable utilisée pour consolider les fonds propres de la structure. Enfin, il y a les dividendes dont la part, relativement faible, ne peut être supérieure ni aux réserves de l’entreprise, ni à la participation tous salariés. Nous sommes dans un modèle où l’on sait conserver de l’argent dans l’entreprise.

Comment devrait évoluer ce modèle dans les prochaines années ?

Ce modèle continuera à croître. Il y a deux aspects sur lesquels nous travaillons : le premier est la façon de communiquer sur les sociétés coopératives. Nous travaillons notre « scénario narratif ». Chacun a toujours le choix d’aller davantage vers une démarche personnelle, ou d’opter pour des valeurs axées sur le collectif, mais il est important de se faire entendre et comprendre, notamment auprès des jeunes générations. Par ailleurs, avec le modèle des Scop qui continue de croître, la matière grise constitue une ressource que nous devons valoriser pour relever les futurs défis. Nous devons croiser celle-ci, qui se traduit par de l’expertise technique, avec les valeurs de la coopération. L’une ne va pas sans l’autre. Pour conclure, je dirais que dans les évolutions économiques, dans les motivations des nouvelles générations, il y a une place à prendre… nous allons de plus en plus vers une quête de sens, de valeurs et de repères. C’est ici que nous avons une carte à jouer !

Propos recueillis par N. Hennebique

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